Sharanam Yoga.
Philosophie

Philosophie et symbolique
du yoga

Des textes pour éclairer le sens et déconditionner l'esprit.

Posture assise en torsion, yoga traditionnel — illustration du Hatha Yoga
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Hatha Yoga

Souvent on me demande « quel type de yoga enseignez-vous ? Du hatha yoga ou du yoga dynamique ? »

Cela mérite de préciser : hatha yoga aujourd'hui est utilisé pour désigner du yoga « doux », mais c'est un usage erroné. Le hatha yoga désigne en réalité tous les yoga posturaux.

Ashtanga vinyasa et vinyasa sont issus de l'école de Krishnamacharya (datant du 20ᵉ siècle), qui créa les vinyasa krama, des enchaînements de postures, reliant souffle et mouvement. B.K.S. Iyengar, issu de cette même école, créa une pratique étudiant les postures une par une à l'aide de beaucoup de matériel (briques, sangle, chaise, suspensions murales, …).

Les cours qui se nomment hatha yoga aujourd'hui sont, pour la plupart, un dérivé du yoga traditionnel et ont au départ été inspirés du yoga sivananda ou autres hatha.

Sans vouloir enlever l'intérêt que certaines de ces pratiques peuvent avoir, il faut tout de même avouer que la plupart de ces cours ont été créés en occident pour répondre à un besoin de pratique moins « intense », plus « douce ». L'absurdité du monde, qui a déformé le yoga pour ramollir les corps comme les esprits !

Alors que le yoga se veut engageant, intense : la pratique veut transformer et cela nécessite de l'effort ; hatha yoga signifie d'ailleurs yoga de l'effort. L'effort indique l'intensité, qui est autant « posturale » que « spirituelle », l'esprit (le mental) n'ayant jamais été dissocié du corps. Le Hatha, union de soleil et lune, symboles du conscient et de l'inconscient, invite à la réflexion, à la volonté de transcender les valeurs ambiantes, à remettre en question et déconstruire. L'effort (hatha) évoque la volonté nécessaire à la transformation.

La pratique du yoga est complète et vise à se réapproprier la sensibilité perdue par des modes de vie sédentaires : muscler, assouplir, faire circuler, équilibrer. Mais aussi et surtout une pratique consciente, qui vise à comprendre le sens et diriger l'énergie à la conscience. L'intensité de l'ashtanga notamment permet de libérer son plein potentiel physique et spirituel.

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Cercles concentriques — la répétition dans la pratique
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Yoga et répétition

Le yoga n'est pas une pratique de bien être, un art de vivre ou un cours de relaxation. Le yoga est une pratique qui se veut transformatrice pour laquelle implication et régularité sont essentielles. La régularité, tout comme la répétition dans la pratique des séries d'Ashtanga, répond à la nécessité de revenir encore et encore vers ce qui est juste, afin que, peu à peu, le conditionnement se déconstruise et laisse place à l'autonomie de l'être : à tout son pouvoir physique et spirituel.

Une pratique de yoga éclairée, associée à la compréhension du sens, permet de vivre un changement d'état de conscience et d'atteindre un état d'attention aiguisé, une conscience de soi approfondie. Grâce à des pratiques régulières cela se clarifie intérieurement et peut rester dans le temps.

Expérimenter une pratique consciente et sa résonance intérieure est un véritable voyage initiatique.

C'est bien cela que je souhaite partager. Ce que moi-même j'ai expérimenté et continue à expérimenter dans mes années de pratique assidue. La possibilité de transformer.

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Les Bandha, zones de concentration dans le corps
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Les Bandha

Partout vous trouverez des définitions de bandha renvoyant à une énergie pranique, aux chakras, ou traduits grossièrement par verrouillage, donnant un sens aussi abstrait qu'invraisemblable.

Yoga signifie lien et il est avant tout question de faire le lien entre soi et le réel : comprendre par la logique donnée par l'expérience.

Les bandhas sont en réalité des zones de concentration dans le corps (anus, nombril et gorge) qui vont renforcer l'intériorité et le centrage du pratiquant. Ils ont autant un sens symbolique qu'une résonance énergétique forte. Bandha signifie lier en sanskrit (bond en anglais) et renvoie à la notion d'unité.

Dans la pratique d'Ashtanga Vinyasa nous mentionnons 3 bandhas en particulier. Jalandhara bandha, menton vers la gorge, est la base du hatha yoga et symbole d'intériorité. Pratiquer la tête levée coupe le lien symbolique entre corps et esprit, entre la réalité et soi. Dès qu'on baisse le menton pour le connecter à la gorge, l'esprit s'apaise. Mula bandha s'effectue par l'absorption du plancher pelvien et uddiyana bandha complète avec l'absorption de la zone sous le nombril.

L'engagement des bandhas précise à la fois la posture et la respiration et approfondit l'alignement intérieur. Le centre symbolise la connexion à soi, le lien fort à son état sensible, naturel. Dans l'esprit cela se traduit par une pensée libre de la croyance, reliée à la puissance de la nature de l'être et non pas aux valeurs conditionnées.

La pratique de yoga vise à éveiller l'être, autant le corps que l'esprit ; pour cela la compréhension du sens est indissociable de la pratique posturale.

Les bandhas sont sur la ligne imaginaire des « fameux » chakras, qui, loin des interprétations new-agistes, constituent simplement une carte géographique dans le corps de zones sensibles à éveiller. De l'anus (le centre) jusqu'au-dessus de la tête (la réalisation spirituelle), une ligne centrale symbolisant l'alignement intérieur.

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Calligraphie du OM, première lettre de l'alphabet sanskrit
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Le OM

Le OM est la première lettre de l'alphabet sanskrit, la langue sacrée. Comme le A pour l'alphabet latin et l'Alpha pour le grec. Le OM renvoie aux lettres, aux mots, au langage, et au sens que cela provoque intérieurement.

On commence une pratique par un OM, un son vibrant, qui à la fois nous invite à l'intériorisation et à la recherche de sens dans tout ce que l'on croit, pense et fait.

Au commencement était le verbe, ainsi débute la genèse. Le langage régit notre pensée. Qu'est-ce que serait ce langage ? C'est tout ce qu'on nous a appris. Notre pensée réfléchit à partir du langage et à partir des connaissances intégrées. Ce sont toutes ces connaissances que nous prenons pour admises, qu'il faut re-questionner et déconstruire pour réfléchir librement à partir de soi, de sa propre expérience psychophysique, et ramener le bon sens, la logique, partout.

Je suis l'Alpha et l'Oméga, dit Dieu dans la Bible. Dieu c'est mon esprit qui réfléchit : je suis ma pensée, qu'elle soit conditionnée ou libérée, j'en suis le maître. Mon seul roi intérieur. Le langage m'a été transmis, mais je reste le souverain de son utilisation.

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Figure flottant parmi les étoiles — les rêves
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Les rêves

Les rêves sont un mélange de nos expériences quotidiennes et des voyages de notre inconscient. Des messages à faire passer à notre partie consciente.

Shakti (l'inconscient) est le rêve, Shiva (la pleine conscience) l'interprétation à intégrer en soi. Tous les éléments d'un rêve sont des aspects de notre esprit.

Une maison : c'est nous, notre maison intérieure ; des fenêtres : la vision vers l'intérieur ou l'extérieur. Des amis : nos idées, nos pensées, nos croyances, des parts de soi à se réapproprier. Nos partenaires : notre inconscient, la partie de nous qui nous échappe et que nous cherchons à reconquérir.

Tout détail nous donne un indice pour comprendre l'ensemble du rêve. Ils se lisent de la même manière que les mythes.

Voici un rêve décrypté comme exemple. 3 amis dans une chambre avec chacun un lit une place. Le 3 est le chiffre de la trinité, symbolisant les 3 niveaux de méditation.

1. Le Père, Dieu, Brahma, le conditionnement : je vis ma vie comme tous, dans la dualité (je fais mes choix parmi les possibles présentés).

2. Le fils, le questionnement — je me rends compte que quelque chose ne va pas, je remets en discussion la vie conditionnée et ses valeurs, surtout celles que la société présente comme anticonventionnelles, progressistes ou libératrices. C'est d'ailleurs souvent celles-là que l'on pense le moins à interroger.

3. Le Saint Esprit, Shiva, la pleine conscience : je transcende les explications et les discours déjà entendus et médite profondément à une solution plus vraie. Elle peut être créative et en dissonance avec les choix proposés par la société ; l'important est qu'elle soit sincère et terre à terre (rien à inventer non plus).

Le lit représente l'état de Nidra, le sommeil de la raison et la perte de sens du monde et de notre pensée, qui n'est pas libre et fonctionne en suivant les codes du conditionnement.

L'ami 1 a un lit parfait, ce qui correspond à la 1re sphère : l'esprit reste dans le conditionnement et l'apparence. L'ami 2 a des draps sales, mais a amené ses draps de la maison et les change. Cela correspond à la 2e sphère : l'esprit se questionne, mais reste dans le connu, en réfléchissant à partir de croyances familières.

Le 3e lit a des draps sales et n'a pas de pieds. Cela symbolise la 3e sphère : la compréhension. L'esprit touche terre, la réalité. Il inverse les valeurs et comprend que les draps sales symbolisent au contraire l'absence de saleté, la pureté de l'esprit. Comme le cochon et la fleur de lotus qui vivent dans la saleté, mais cela est juste leur habitat. Nous sommes naturellement parfaits et complets.

Ce rêve est une invitation à aborder les sujets par ce système de méditation, la vraie méditation transcendantale.

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